« Allez les éléphants » : plus qu’un leitmotiv
« Allez les éléphants », l’expression culte, qui consacre l’engagement des ivoiriens à soutenir leur équipe nationale, est devenue aussi bien pour les supporteurs que pour les joueurs, un stimulent, un leitmotiv, un gage d’endurance des jusqu’au-boutistes et de sursaut d’énergie et d’orgueil face aux épreuves.
Qu’il s’agisse des artistes de tous bords (animateurs, comédiens, chanteurs etc.) ou de supporteurs dans les tribunes et/ou devant leurs postes téléviseurs, ce slogan refait surface, couplé au désir inflexible de voir les éléphants revenir avec la coupe. Raison de plus de scander en cœur « Allez les éléphants », « Allez les éléphants » « on vous soutien », « éléphants, gagnez ». Déjà les quatre victoires des éléphants joueurs (Côte-d’Ivoire / Soudan 1-0 ; Côte-d’Ivoire /Burkina 2-0 et Côte-d’Ivoire /Angola 2 -0; Côte-d’Ivoire / Guinée équatoriale 3-0) ne font que raviver la flamme de l’espoir dans le cœur des ivoiriens supporteurs. Aujourd'hui en finale face à la zambie, la côte d'ivoire, après avoir battu le mali sur le score de 1-0 est sur le point de remporter 20 ans après la coupe d'Afrique des Nations. Courage la récompse est au bout de l'effort.
« Ivoiriens joueurs » et « ivoiriens supporteurs »
Oui, il faudra bien dissiper l’équivoque. Nous établissons une différence nette entre les termes « ivoiriens joueurs » et « ivoiriens supporteurs ». Ce qui revient à dire qu’il y a d’un côté les ivoiriens joueurs et de l’autre les ivoiriens supporteurs.
Les ivoiriens joueurs sont pour le football, ce que les érudits sont pour la science. En d’autre termes, les ivoiriens joueurs sont des professionnels, des experts dans leur domaine. En plus de cela, ils sont les porte-drapeaux de la nation. Ce sont les acteurs de premier plan, qui défendent les couleurs de la nation. En rangs serrés, face aux équipes adverses, ils sont chargés de porter haut l’oriflamme de la nation. Il est donc bienséant, vu l’immensité de la tâche et l’enjeu de ces compétitions de les soutenir mordicus, tout en omettant pas d’y adjoindre des critiques constructives.
Nous le savons, les ivoiriens joueurs (les éléphants) feront tout ce que leur permettrons leurs talents, pour revenir avec la coupe brandie dans les airs. Il est donc du devoir des ivoiriens supporteurs d’avoir confiance en ceux en qui ils ont décidé de confier la valse de leurs émotions.
Il est vrai qu’on attend beaucoup d’eux, à savoir du beau jeu, une circulation parfaite des balles et une percussion ciblée des buts, certes, mais un fait demeure jusqu’à ce jour, ils nous ont gratifié, nous et la confiance placée en eux par trois victoires. On ne peut expérer mieux, sinon de prendre en compte les amendements des erreurs des matchs précédents, pour une meilleure performance les matchs à venir.
Les joueurs supporteurs quant à eux, ont la vocation chauvine de soutenir matériellement, financièrement, sentimentalement et spirituellement les ivoiriens joueurs. Conscients de l’enjeu, ils ne doivent aucunement laisser éparses leurs soutiens. Tels des faisceaux lumineux à travers une loupe brulant un papier, tous leurs efforts et soutiens doivent converger vers la réalisation de ce rêve.
Can et prolongement politique
En réalité, un sentiment de fierté et d’honneur irradie du peuple, du pays et de la nation dont l’équipe remporte la coupe. Nous sommes sans ignorer que la coupe d’Afrique des nations n’a pas qu’un relent ludique. Elle est quelquefois le prolongement insidieux de la politique. Chaque équipe se doit d’honorer sa nation et faire oublier à celle-ci les difficultés rencontrées en son sein. Elles sont relatives, pour certaines, à la récession économique avec tout son cortège de misère et pour d’autres aux contentieux politiques et conflits sociaux.
Depuis un certain temps, l’Afrique est le théâtre des conflits armés, le creuset de la désolation, de la détresse et du désespoir. L’un des objectifs non avoué de la CAN est de permettre aux nations de se soustraire pour un temps aux grabuges ethno-politico-religieux.
C’est un coup de maitre, car en Côte-d’Ivoire, bien que la tension soit par moment vive, (opposition/pouvoir en place : FRCI/population), tous sont obnubilés par la bonne avancée des ivoiriens joueurs (éléphants) mais surtout par le rêve de remporter le trophée.
Ce qui est beau à voir, c’est qu’ivoiriens joueurs et supporteurs ont fusionné et sont devenus une seule entité pour défendre les couleurs de la nation. Au nom de cette belle harmonie, nous nous insurgerons contre toute ingérence, toute immixtion de la politique dans le monde du football ou le fair-play est à l’honneur.
En côte d’ivoire, les divergences politiques commencent à déteindre sur le paysage footballistique. Les éléphants avancent à la grande satisfaction des ivoiriens.
En dépit de cela, certaines voix indiscrètes et discordantes s’élèvent contre la nette avancée des éléphants. On est de retour dans la nation orange blanc vert (voir notre article A BON ENTENDEUR SALUT / dans le même blog, dans la rubrique sonnette d’alarme). A la vérité, le souhait de certains « les oranges » est que la coupe soit gagnée par les éléphants, toutefois, pas sous l’aire des « blanc-istes » et « vert-istes ». En même temps qu’ils apportent leur soutien aux éléphants, par patriotisme, ils leur refusent l’éventualité de remporter le trophée. Une bataille psychologico-affective a lieu. Ils envisagent même un scénario des plus fantasmagoriques, celui de voir les éléphants, une fois la coupe remportée, se rendre d’abord chez le chef des Oranges lui présenter la coupe ou même ne jamais permettre qu’elle foule le sol ivoirien.
Bon ! A qui revient l’honneur d’avoir la coupe ? Le chef des blanc-istes et vert-istes ou la nation ? Renchérissent les blanc-istes et vert-istes. Pour ces derniers, c’est seulement sous leur aire et celle de leur représentant que la Côte-d’Ivoire verra son blason redoré. Pour eux, l’histoire de 1992 se répétera, sous eux.
Dommage que l’arène politique se déporte sur l’aire de jeu.
Nous sommes de plain-pied dans le vif de la réconciliation. Tous sont en quête de paternité d’une victoire potentielle.
Au risque d’être taxé de pessimiste, Qui assurera la paternité d’un imaginaire échec ? Qui ? Dites-moi qui ? L’entraineur surement! bref ! On est habitué.
Mettons le holà aux tergiversations incongrues et soutenons sainement des éléphants.
Vivement que la Côte-d’Ivoire ravisse le trophée.
A bat les sorciers politiques.

ACCUEIL